Page:Luzel - Légendes chrétiennes, volume 2, 1881.djvu/140

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II


UN CONTE DE REVENANT


l’ombre du pendu.



Il y avait autrefois en la commune de Ploubazlanec, près de Paimpol-Goëlo, une jeune et jolie héritière nommée Yvonne Kerduff. C’était la perle du canton, et nulle autre ne pouvait rivaliser de beauté et de grâce avec elle, aux pardons et aux fêtes de Paimpol, de Kérity, de Loguivy et de Bréhat.

Trois jeunes gens lui faisaient la cour et se disputaient sa main : Alan Kerglaz, de l’île de Bréhat, Jean Kerlann, de Kérity, et Fanch Kertanhouarn, de Ploubazlanec. Deux d’entre eux, Jean Kerlann et Fanch Kertanhouarn, se prirent de querelle et se battirent, au pardon de Kérity. Jean Kerlann mourut des suites de cette batterie, et Fanch Kertanhouarn fut patibulé et pendu. Alan Kerglaz, resté seul des trois prétendants, et qui, selon la rumeur publique, avait aussi contribué à la mort de Jean Kerlann, eut alors le champ libre. Les fiançailles eurent lieu dans les quinze jours qui suivirent.