Page:Luzel - Légendes chrétiennes, volume 2, 1881.djvu/186

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la dernière, mais aussi la plus redoutable. Ayez bon courage, et si vous pouvez encore résister et vaincre, cette fois-ci, alors vos épreuves seront terminées : vous serez sauvée, et votre amie et moi nous serons pareillement sauvés avec vous. Mais, hélas ! si vous faiblissez, si l’autre est le plus fort et triomphe, nous serons damnés tous les trois ! Courage donc, mon enfant, et que Dieu vous vienne en aide !

Et il la laissa encore, seule, à genoux sur les marches de la croix, et revint vers Yvonne et lui dit :

— Voici la dernière épreuve ! Si votre amie a assez de courage et de force pour résister et vaincre encore cette nuit, si, demain matin, je retrouve le moindre morceau d’elle au pied de la croix, elle sera sauvée, et nous le serons tous les deux comme elle. Mais, hélas ! si elle succombe, nous serons damnés tous les trois pour l’éternité ! Passons encore cette nuit à prier pour elle.

Et ils passèrent encore cette troisième nuit à prier pour la pauvre Julie.

Au point du jour, le prêtre, dans une anxiété mortelle, se rendit à la croix du cimetière. Julie n’y était plus ! Mais il trouva, sur les marches de pierre, son cœur tout sanglant. C’était assez : ils étaient sauvés tous les trois ! Alors il leva ses mains et ses yeux vers le ciel, et s’écria :