Page:Luzel - Légendes chrétiennes, volume 2, 1881.djvu/198

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Gwilherm prit alors la route de Rome, ayant toujours l’horrible bête collée sur sa figure. Partout où il passait, il excitait l’horreur et la frayeur de ceux qui le voyaient, et l’on s’éloignait de lui, et ce n’est qu’à grand’peine et à force d’argent qu’il pouvait se procurer nourriture et logement.

Arrivé à Rome, après beaucoup de mal, il alla immédiatement se jeter aux pieds du Saint-Père et lui fit sa confession. Le Pape l’écouta attentivement, puis il lui parla de la sorte :

— C’est pour vous punir de votre conduite envers votre père et votre mère que Dieu a permis ceci. Voici la pénitence que je vous propose, et si vous avez assez de courage pour l’accomplir, j’espère qu’il vous pardonnera et qu’il vous délivrera de ce démon qui, dans le cas contraire, ne vous quittera jamais et vous suivra jusque dans l’enfer, où il vous tourmentera encore. Écoutez-moi donc, mon fils : vous retournerez à présent auprès de votre père et de votre mère, pour vous jeter à leurs pieds et implorer leur pardon. Vous voyagerez toujours à pied et sans argent, en demandant l’aumône, et sans jamais rien manger que ce que vous devrez à la charité publique. Avant de pouvoir obtenir le pardon de Dieu, il faut que vous ayez celui de votre père et de votre mère. Allez, à présent, mon fils, et que Dieu vous assiste.