Page:Luzel - Légendes chrétiennes, volume 2, 1881.djvu/211

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ses pas et retrouva heureusement sa miche de pain.

Un autre jour, comme il traversait un bois, il entendit un cri devant lui. Il donna trois ou quatre coups de sa trompe de chasse, et le bruit cessa. Mais bientôt il rencontra deux hommes couverts de sang et dans un état déplorable. Il leur demanda quel malheur leur était arrivé, et ils lui répondirent :

— Hélas ! seigneur, nous avons été volés et maltraités par des voleurs, et certes nous devons des remercîments à celui qui a fait entendre des sons de trompe, car il a ainsi fait fuir ces méchants, qui avaient commencé de nous ôter la vie, après nous avoir enlevé notre argent.

Touché de compassion pour le malheur de ces hommes, il leur fit l’aumône, en se disant :

— Deux choses me sont déjà arrivées de ce que m’avait annoncé mon maître ; quoi qu’il doive m’arriver en troisième lieu, que Dieu me préserve !

Quand il arriva dans sa paroisse, il descendit dans une auberge et demanda à manger à la cuisine, pour interroger les gens et apprendre les nouvelles du pays.

Il apprit que son père et sa mère étaient morts, que sa femme se portait bien et qu’elle avait un fils bien instruit et même à la veille d’être fait