Page:Luzel - Légendes chrétiennes, volume 2, 1881.djvu/212

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prêtre. Elle conduisait elle-même sa maison et avait serviteur et servante.

Quand il eut dîné, il se rendit chez sa femme. Hélas ! elle ne le reconnaissait pas, et comme, il se faisait déjà tard, il demanda à loger dans la maison.

Sa femme lui dit :

— Nous ne sommes pas riches, cependant, restez, et vous serez logé. J’aurais voulu pouvoir vous mieux recevoir.

Et elle lui prit son paquet pour le mettre dans son armoire. Il alla s’asseoir sur la pierre du foyer, pour se chauffer. Peu après, un jeune prêtre entra, et il en fut surpris et devint triste. L’esprit malin vint le tenter et lui fit concevoir de mauvais soupçons contre sa femme, et croire que c’était là un mauvais prêtre qui la fréquentait.

Il sortit aussitôt, se rendit à une forge qui se trouvait dans le voisinage et dit au maréchal :

— De grâce, mon ami le maréchal, fabrique-moi un coutelas, et demain, quand j’aurai fait de l’argent, je te paierai.

Notre homme revint alors chez sa femme et soupa avec elle et le prêtre, à la même table, sans que la mère dit : « Mon fils, » ni le prêtre : « Ma mère. » Et le malheureux conçut alors le projet de tuer le prêtre, cette nuit-là même. "

Aussitôt le repas terminé, le prêtre et l’hôte se