Page:Luzel - Légendes chrétiennes, volume 2, 1881.djvu/213

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rendirent à la chambre où ils devaient passer la nuit. Il y avait deux lits dans cette chambre, et ils couchèrent chacun dans un d’eux. Le prêtre s’endormit bientôt ; mais l’autre, non. Quand il vît que le prêtre dormait bien, il sortit de son lit et s’approcha de l’autre lit, tenant à la main son coutelas. Il tira les couvertures de dessus la poitrine du prêtre, afin de le tuer plus facilement. Pourtant, il fit le signe de la croix avant de frapper [1].

Aussitôt le prêtre cria à tue-tête :

— Au secours ! mon père m’assassine !... Ma pauvre mère, venez à mon secours !...

Sa mère, son serviteur et sa servante accoururent aussitôt, avec de la lumière et en poussant des cris.

— Hélas ! mon fils, dit alors la mère, je vois par votre songe que mon mari est mort !

Son fils essayait de la consoler :

— Ma mère, ne vous désolez pas ainsi, et mettons notre confiance en Dieu. Si mon père est mort, nous prierons Jésus de recevoir son âme dans son paradis.

Le père, en entendant ces paroles, sortit de son

  1. C’est probablement ici le troisième conseil de son maître en le quittant : commencer toujours par le signe de la croix, quoi qu’il voulût faire.