Page:Luzel - Légendes chrétiennes, volume 2, 1881.djvu/217

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taché les chiens, et qu’elle avait renvoyé, sans lui rien donner. C’était bien le même : la servante le reconnut parfaitement.

— Eh bien ! dit alors la maîtresse, puisqu’il est mort chez moi, je paierai les frais de son enterrement.

Elle commençait à avoir quelque remords d’avoir si mal reçu le mendiant. Le corps mort fut transporté dans la maison, et les domestiques passèrent la nuit près de lui, à réciter des prières, selon l’habitude. Le lendemain, on le mit dans un cercueil ; on le porta à l’église du bourg, et une messe fut dite à son intention, avant de l’enterrer. La femme assista à la messe et l’accompagna jusqu’au cimetière, avec tous les gens de sa maison. Mais, en rentrant chez elle, après là cérémonie, elle fut bien étonnée de retrouver sur la table de sa cuisine le linceul et le cercueil, et l’argent qu’elle avait donnés pour faire enterrer le mendiant. Alors elle vit clairement que Dieu désapprouvait sa conduite, et elle eut peur, et elle promit d’aller à Rome, et d’y aller à pied, pour se confesser au Pape et faire pénitence de sa faute. Son mari voulut l’accompagner, quoi qu’elle fît pour l’en dissuader, puisqu’elle seule était coupable. Ils partirent ensemble. Mais quand ils furent à quelque distance de la maison, la femme dit tout à coup à son mari :