Page:Luzel - Légendes chrétiennes, volume 2, 1881.djvu/231

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et VOUS verrez Mettic et votre mari qui s’embrassent dans le jardin.

La dame courut au jardin, furieuse, et elle souffleta Mettic, et lui ordonna de quitter sa maison et de partir sur le champ. Elle lui donna six réaux (trente sous), et rien de plus.

La pauvre enfant partit en pleurant, et le cœur gros de douleur. Elle était bien embarrassée de savoir où aller. Elle entra dans l’église du village, et y pleura et pria longtemps. Puis elle entra dans un confessionnal, se confessa et offrit ses trente sous au prêtre, pour dire une messe pour l’âme du purgatoire à qui il ne manquerait plus qu’une seule messe pour être délivrée. Le prêtre prit son argent et dit la messe commandée, le lendemain matin. Mettic y assista pieusement, et tout le temps que le prêtre fut à l’autel, elle vit à genoux sur les marches un jeune homme, ou plutôt l’ombre d’un jeune homme qu’elle ne connaissait point, qu’elle n’avait jamais vu auparavant, et qui la regardait avec tendresse. Quand la messe fut terminée, le jeune homme lui sourit, comme pour la remercier, puis il disparut, elle ne sut comment.

Le prêtre plaça la jeune fille dans la maison d’une veuve riche, qui avait perdu, il y avait vingt-cinq ans, un fils unique qu’elle avait. Le lendemain, quand elle était à faire la chambre de cette