Page:Luzel - Légendes chrétiennes, volume 2, 1881.djvu/236

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


pas de sa chambre, à son heure ordinaire, sa mère y monta, craignant qu’il fût malade. Quand elle vit son fils couché avec une jeune fille dans son lit, elle s’emporta et frappa la fille, et la renferma dans une prison noire, avec un peu de pain d’orge et un pot d’eau.

Cependant, les parents de la jeune fille étaient inconsolables de voir qu’elle avait disparu. Ils firent faire des recherches, de tous côtés ; mais ce fut en vain : personne ne l’avait vue.

Le père se souvint de la prédiction de la diseuse de bonne aventure, et il partit pour se rendre auprès de sa sœur. Il y retrouva sa fille. Le frère et la sœur pensèrent alors que, malgré tous leurs efforts, ce qui était marqué par Dieu s’accomplirait toujours, et ils firent la paix, et les deux jeunes gens furent mariés ensemble, puisqu’il est vrai que Dieu les avait mis sur la terre pour être unis, en dépit de tous les obstacles.

Il faut que la destinée de l’homme s’accomplisse comme Dieu l’a décidé, et tous les efforts pour y résister sont inutiles [1].

  1. Ce conte doit être d’origine orientale. Le procédé qui y est employé pour faire voyager les personnes par les airs, à leur insu, semble imité du conte des Mille et une NuitsLa Lampe d’Aladdin — où l’on voit un génie qui transporte de la même manière la princesse Badroulboudour du lit de son époux dans celui d’Aladdin. — Un épisode semblable se trouve aussi dans le Prince Camaralzaman, du même recueil.