Page:Luzel - Légendes chrétiennes, volume 2, 1881.djvu/248

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Celui-ci le (valet de trèfle), c’est le valet infâme qui souffleta Notre-Seigneur.

Maintenant, quand je considère toutes les figures ensemble, je trouve qu’il y en a douze, et je songe aux douze mois de l’année.

Tous les points du jeu réunis me représentent les 365 jours de l’année.

Quand je compte le nombre des cartes, j’en trouve cinquante-deux, autant qu’il y a de semaines dans l’année.

Ainsi, comme vous le voyez, mon capitaine, mes cartes me servent à la fois de livre de messe et d’almanach.

Quand le soldat eut terminé son explication, le capitaine, qui l’avait écouté attentivement et avec intérêt, lui dit : — C’est bien ; vous êtes un honnête garçon, et je lève votre punition.

Et il lui donna encore une pièce de six francs et le prit pour son brosseur.

(Conté par le mendiant aveugle Garandel, du Vieux-Marché,
Côtes-du-Nord, en 1847.)