Page:Luzel - Légendes chrétiennes, volume 2, 1881.djvu/293

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nourriture par un trou qu’il fit pratiquer dans le mur de la prison.

Cependant, l’ermite élevait et instruisait de son mieux les trois enfants. Comme il ne vivait que d’aumônes, il allait tous les jours mendier pour eux de porte en porte ; mais le monde jasa bientôt sur son compte. On se demandait si ces enfants n’étaient pas ses propres enfants à lui, et, autres choses semblables, et la charité s’attiédissait sensiblement, et le pauvre ermite s’en revenait tous les jours avec sa besace moins lourde. Enfin, il se vit un jour obligé de se séparer de ses enfants. Il les aimait comme s’il eût été leur vrai père ; aussi, son cœur en fut-il navré de douleur. En leur faisant ses adieux, il dit à Marie :

— Tenez, mon enfant, voici une baguette blanche que je vous donne et qui vous sera utile plus d’une fois. Gardez-la précieusement, et ne vous en dessaisissez jamais. Quand vous direz : « Par la vertu de ma baguette blanche et la protection de ma marraine, je désire telle ou telle chose ! » aussitôt votre souhait s’accomplira, quel qu’il puisse être, à la condition pourtant que vous ne demandiez rien de mal.

Marie prit la baguette blanche des mains de l’ermite, et les trois enfants partirent, les larmes aux yeux. Ils prirent la première route qui s’offrit à eux et marchèrent à la grâce de Dieu.