Page:Luzel - Légendes chrétiennes, volume 2, 1881.djvu/311

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


parole qu’elle prononcera, un diamant lui tombe de la bouche.

Puis elle s’en alla.

Quand Marie se leva, le lendemain matin, chacun qui la voyait restait en admiration devant elle, tant elle était belle. De plus, elle parfumait l’air partout où elle passait, et à chaque parole qu’elle prononçait, un diamant lui tombait de la bouche. Elle enrichit ainsi tous ceux qui l’approchaient, et tous l’adoraient.

Quand elle eut été quelque temps ainsi dans ce palais, sa marâtre la fit revenir chez son père. Mais quel ne fut pas son désappointement, lorsqu’au lieu du monstre de laideur qu’elle s’attendait à recevoir des mains de son amie la sorcière, elle vit une merveille de beauté, qui éclairait comme le soleil, et dont la vue seule réjouissait les cœurs attristés et rendait la santé aux malades !

Furieuse, elle écrivit de nouveau à la sorcière, pour lui reprocher de n’avoir pas obéi à son ordre. Elle lui recommanda en même temps d’employer toute sa science pour rendre beaucoup plus belle que Marie sa fille Jeanne, qu’elle chargeait de lui porter sa lettre.

Jeanne partit, en effet, pour administrer, à son tour, le palais de sa mère. Elle remit la lettre à la sorcière et lui dit, d’un ton insolent, qu’elle