Page:Luzel - Légendes chrétiennes, volume 2, 1881.djvu/314

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en liberté, et tuèrent un lièvre, dont ils présentèrent le cœur à la reine, comme étant celui de la fille de son mari.

Cependant, la pauvre Marie, abandonnée dans le bois, y passa la nuit, pleine de crainte et d’inquiétude, car elle entendait les loups hurler de tous côtés. Au point du jour, elle se mit en route, pour s’éloigner de sa marâtre. Après avoir marché plusieurs jours, au hasard, elle arriva à un couvent de religieuses, et y demanda l’hospitalité pour la nuit. Les religieuses, lui voyant si bonne mine, eurent pitié d’elle et l’accueillirent avec bonté, et comme elle savait faire la cuisine, elles la gardèrent comme cuisinière.

Ce couvent-là appartenait à un riche seigneur, qui venait le visiter de temps en temps. Dans une de ses visites, il remarqua Marie, et il fut si frappé de sa beauté et de son bon air, qu’il demanda qui elle était, et d’où elle venait. On lui répondit que c’était une pauvre fille abandonnée, et qu’on l’avait prise par charité dans le couvent.

De retour chez lui, le seigneur ne faisait que rêver de la jeune fille, et il retourna au couvent, quelques jours après, afin d’avoir de plus amples renseignements à son sujet. Les religieuses ne purent lui en dire autre chose, sinon qu’elle était arrivée, un soir, à la porte du couvent, exténuée de fatigue et de faim, et que, la voyant si