Page:Luzel - Légendes chrétiennes, volume 2, 1881.djvu/331

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ven ; mais buvez d’abord, et puis je boirai après vous.

Mais la vieille alla à l’autel, y prit le calice et dit à Goulven :

— Verse-m’en là-dedans.

Goulven remplit le calice d’eau-de-vie ; ils trinquèrent, et la vieille avala tout d’un trait. Se sentant alors ragaillardie, elle parla de la sorte :

— Écoute-moi, mon fils ; aie confiance en moi ; fais bien exactement ce que je vais te dire, et il ne t’arrivera pas de mal. Un peu avant le premier coup de minuit, tu te retireras dans ce confessionnal que voilà, et tu t’y tiendras bien caché, et sans faire le moindre bruit. Ne t’effraie pas de ce que tu verras ou entendras, et garde le plus profond silence, ou tu es perdu. La fille ainée du roi d’Angleterre a été emportée toute vivante par le diable, à cause d’un grand crime qu’elle a commis, et, toutes les nuits, elle revient ici et met en pièces le factionnaire qu’elle y trouve. Pour la sauver de l’enfer, il faut faire en sorte de lui échapper pendant trois nuits consécutives, et lui enlever avec la main, la troisième nuit, une de ses pantoufles de fer rouge. À celui qui réussira dans cette entreprise, le roi donnera sa couronne, avec la main de sa fille. Je viendrai chaque nuit te voir ici et te dire ce que tu auras à faire. Prends donc courage ; ne t’effraie de rien, et tu