Page:Luzel - Légendes chrétiennes, volume 2, 1881.djvu/364

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ver, content des histoires de revenants, de fantômes et d’apparitions surnaturelles.

— C’était ann arbellou que vous aviez vu, Pipi Gouriou, lui dit Jolory ; on les voit souvent par là.

Ce récit de Gouriou avait impressionné l’auditoire.

— Puisque nous en sommes sur le chapitre des revenants, dit la servante Marie Hulo, voici ce que m’a conté mon amie Marianna Lagadec elle-même.

C’était du temps qu’elle était servante à Kerouazle ; il y a de cela environ dix ans.

Un dimanche que c’était son tour d’aller à la messe du matin, au bourg de Plouaret, elle fut réveillée par le chant du coq.

Dans beaucoup de fermes, comme vous le savez, il n’y a ni montre ni horloge, et c’est ordinairement le chant du coq qui règle le lever, et le soleil qui donne les heures pendant le jour. Mais souvent le soleil ne paraît pas, et le meilleur coq se trompe aussi parfois, surtout pendant l’Avent, où tous les coqs affolent, dit-on, et de là beaucoup d’incertitude et d’erreurs au sujet de l’heure exacte. Il y avait bien une horloge à Kerouazle ; mais, voyant qu’il faisait clair, et convaincue qu’elle était en retard, Marianna ne songea pas à la consulter. Kerouazle, vous le savez, est