Page:Luzel - Légendes chrétiennes, volume 2, 1881.djvu/370

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Personne n’avait seulement entendu dire que Marharit Riwal fût malade.

Marianna était une servante irréprochable sous tous les rapports ; aussi sa maîtresse n’insista-t-elle pas davantage et pensa qu’elle avait été trompée par le chant du coq et le clair de la lune. La pauvre fille était très-peinée des soupçons que pouvait faire naître son aventure et se demandait si elle n’avait pas rêvé ; mais, avec la meilleure volonté du monde, elle ne pouvait se convaincre qu’elle n’était pas allée au bourg de Plouaret et à la chaumière de Marharit Riwal, et qu’elle n’avait pas entendu la messe. Et puis, d’ailleurs, on l’avait vue rentrer ; on lui avait parlé, et elle avait répondu : ce ne pouvait donc pas être un rêve. Elle en perdait la tête et en était malade et pleurait.

Quand arriva à son tour Iann Kerbrat, revenant de la messe du matin, il apporta la nouvelle de la mort de Marharit Riwal. Elle était décédée au point du jour, un instant après avoir reçu le sacrement de l’extrême-onction, ce qui concordait parfaitement avec le récit de Marianna. Tous les soupçons tombèrent alors, et personne ne douta plus que, trompée par le clair de lune et le chant du coq, elle était partie de la maison, beaucoup trop tôt, et avait réellement assisté à une messe, mais une messe dite par un