Page:Luzel - Légendes chrétiennes, volume 2, 1881.djvu/55

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gentilhomme cruel : on ne veut pas le nommer, à cause de ses parents.

Sans justice ni raison, avec un cœur ingrat, il haïssait son fils, jeune homme d’un caractère doux et bon. Il ne pouvait supporter ni sa vue, ni le son de sa voix, ni sa présence dans sa maison, tant il le détestait !

Un jour, avec grande malice, il dit à sa femme :

— Ma femme, je ne puis plus supporter notre fils maudit ; je ne puis plus supporter notre fils maudit ; éloignons-le de nous, car je ne puis l’aimer.

La dame, pour obéir à son mari, l’homme méchant, se rendit aussitôt auprès de son fils doué d’un bon naturel et lui dit :

— « Va-t’en, va loin d’ici, où tu voudras ; voilà trente écus, et que je ne te revoie plus jamais.

« Ne dis à personne de quelle maison tu es issu, car nous craignons d’être tous déshonorés par toi ; nous craignons d’être tous déshonorés par toi ; ne retourne jamais, maudit fruit de potence !

— « Hélas ! ma mère, répondit-il, qu’ai-je donc fait pour mériter d’être ainsi chassé de votre maison ? Je me suis toujours appliqué à servir Dieu et à vous obéir, ainsi qu’à mon père.