Page:Luzel - Légendes chrétiennes, volume 2, 1881.djvu/80

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


sortes d’attentions. Il y avait là des chambres remplies d’or et d’argent, et de beaux habits, et des parures de toute sorte, et elle pouvait choisir et en changer tous les jours, à sa fantaisie. Elle resta quatre ans dans ce château, et, au bout de ce temps, elle eut un enfant, dont le chef des brigands était le père, Elle voulut le faire baptiser à l’église la plus voisine ; mais le père ne voulait pas qu’il fût baptisé. Touina en était fort désolée, et elle conçut le projet de profiter de la première occasion pour s’enfuir et retourner chez son père. Une nuit donc que tous les brigands étaient partis pour une expédition importante, avec leur chef en tête, elle mit son enfant, qui n’avait encore que trois ou quatre mois, dans un panier, et s’enfuit en l’emportant. Après beaucoup de mal, elle arriva heureusement au château de son père, et lui sauta au cou pour l’embrasser.

— Jésus ! mon enfant, dit le vieux seigneur en pleurant de joie, que je suis donc heureux de te revoir ! À présent, tu resteras avec ton vieux père, qui t’aime tant, n’est-ce pas, mon enfant ?

— Oui, mon père, à présent je resterai avec vous et ne vous quitterai plus jamais. Je vous ai causé bien du chagrin, n’est-ce pas ? Mais je ne vous en causerai plus. Je cours jusqu’à l’église