Page:Luzel - Soniou Breiz Izel vol 1 1890.djvu/171

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3.
Daouzec eleze mignon
O treuzi d’in ma fignon,
Ken munut ha brignon ;
Eur c’hleze gwenn a oa dirennet,
Ma savas ar rân d’he fenn.
Eur velc’houeden croguennec.

Douze épées mignonnes,
Traversant mon pignon,
Aussi menu que son.
Une épée blanche était garnie d’acier,
La grenouille s’éleva jusqu’à son extrémité...
Un limaçon à coquille...

(Version de Pluzunet.)



J’ai cité souvent la version de M. de Penguern. Cette pièce, publiés dans les Mémoires de la Société Archéologique et Historique des Côtes-du-Nord, année 1866, page 54, a été composée a l’aide de nombreuses versions recueillies par M. de Penguern, dans diverses localités, et qu’il a réunies et condensées en une seule version. « Dans le vain espoir, dit-il, de compléter ce chant, dont tous nos Trécorrois savent quelques vers, nous en avons recueilli plus de trente versions. » Sa conclusion est la même que la nôtre, c’est-à-dire que toutes ses recherches n’ont pas abouti à lui procurer une version intelligible, et où l’on puisse entrevoir une exposition quelconque des doctrines druidiques. On sent pourtant qu’il en eût été heureux, à le voir traduire groac’h par druidesse et bélec par druide ; mais, son honnêteté et sa sincérité bien connues ne lui ont pas permis d’aller plus loin, sur cette pente.

Il est bien possible que celle pièce, bizarre et énigmatique, ait eu, à l’origine, un autre objet que celui d’un exercice de mnémotechnie, mais on ne sait à quelle époque la faire remonter, et on n’a même aucune preuve qu’elle soit bien ancienne. Quant à l’attribuer à l’enseignement druidique, rien absolument ne nous y autorise, et je crois qu’il y faut renoncer complètement.

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