la pleine et entière action de l’air sur elles ? Car, bien qu'à mesure que cette couche perd son oxigène, par la respiration, elle en reprenne à l’air, elle n’en reprend pourtant que proportionnellement, et à la petite quantité d’eau qui la compose, et au petit nombre de surfaces qu'elle recouvre. Ne pourrait-on pas dire que l’affaisement des surfaces (et je ne parle toujours que de celles que l’air atteint) s’opposant à ce que le sang les parcoure et s’y renouvelle avec autant de facilité que lorsqu'elles se développaient, diminue d’autant la quantité de sang qui respire ? Ne faut-il pas tenir compte enfin de ce mélange, dans la circulation, de deux sangs dont l’un, celui des branchies extérieures, a reçu l’oxigénation, et dont l'autre, celui des branchies intermédiaires, n’a pas été modifié : mélange qui réduit la circulation parfaite du poisson à une circulation imparfaite, ou mêlée de sang rouge et de sang noir, comme celle du reptile, et qui réunit par-là, dans le même animal, à une respiration déja imparfaite une circulation devenue imparfaite aussi ?
8. Quoi qu'il en soit de ces conjectures sur les causes, plus ou moins secondaires, qui peuvent se joindre à la cause immédiate et prochaine du non-développement des branchies, pour déterminer l’asphyxie du poisson dans l’air, je sépare ces conjectures des expériences mêmes de ce Mémoire ; et je ne les donne ici que comme des essais, qui pourront en appeler d’autres, sur une question aussi importante que difficile.