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Page:Mémoires de l’Académie des sciences, Tome 10.djvu/841

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2. Le 12 avril 1823, on m’apporta, parmi les animaux qui devaient servir à mes expériences, une jeune poule dont les allures représentaient tout-à-fait les allures d’un animal ivre, au point que les gens mêmes qui la soignaient, frappés de cette similitude, l’avaient surnommée la poule ivrogne.

Cette poule, en effet, chancelait presque à chaque instant sur ses jambes, soit qu'elle se tînt simplement debout, soit qu'elle voulût marcher ou courir. Elle n’avançait que par zig-zags : souvent elle tournait à droite quand elle voulait aller à gauche, et à gauche quand elle voulait aller à droite : elle reculait au lieu d’avancer, elle avançait au lieu de reculer. Très-souvent aussi elle tombait sur ses jambes qui fléchissaient et pliaient tout-à-coup sous elle. Mais, c’était surtout quand elle s’élançait pour fuir, ou pour grimper sur un point élevé que, ne pouvant plus maîtriser et régulariser des mouvements devenus plus rapides, elle tombait et roulait quelquefois long-temps à terre, sans pouvoir réussir à se relever et à reprendre l’équilibre.

Ces singuliers phénomènes avaient trop d’analogie avec ceux que venaient de me montrer mes expériences, alors toutes récentes encore, sur le cervelet, pour que je ne fusse pas impatient de voir ce qui pouvait en être. Je procédai donc tout de suite à cet examen.

Je commençai par mettre le crane à nu : les os étaient parsemés de points noirâtres et cariés : j’enlevai les os, et j'ouvris la dure-mère ; il s’écoula aussitôt une grande quantité de lymphe qui recouvrait l’encéphale et pénétrait dans toutes ses cavités.

Quant aux parties mêmes de l’encéphale, les lobes cérébraux et les tubercules quadrijumeaux étaient dans leur