avait déja constaté ce point[1], la circulation survit à la destruc tion de la moelle épinière, pourvu qu'on supplée à propos la respiration par l’insuflation[2].
3. Ainsi, chez le jeune animal, où la respiration est moins nécessaire à la circulation, la moelle épinière l’est moins aussi ; et, chez l’animal adulte, quand l’insuflation continue la respiration, la circulation survit à la moelle épinière. C'est donc surtout parce qu'elle concourt à la respiration que la moelle épinière concourt à la circulation.
4. D'où il suit que, s’il y avait un animal où la respiration pût se passer complètement, du moins pour un certain temps, de la moelle épinière, la circulation pourrait s’en passer complètement aussi.
5. Cet animal est le poisson. J'ai fait voir, par des expériences précédentes[3], qu'on peut détruire la moelle épinière tout entière chez les poissons, sans détruire la respiration ; attendu que ce n’est plus de la moelle épinière, comme dans les autres classes, mais de la moelle alongée elle-même, et de la moelle alongée seule, que, chez ces animaux, les nerfs du mécanisme respiratoire ou des opercules tirent leur origine.
6. On peut également détruire la moelle épinière, chez les poissons, sans détruire la circulation.