7. J’ai détruit successivement, sur plusieurs carpes et sur plusieurs barbeaux, la moelle épinière tout entière, sans toucher à la moelle allongée ; chez tous ces poissons, la respiration et la circulation ont long-temps survécu à cette destruction : les mouvements du tronc et de ses appendices ont seuls disparu, mais la tête et la région des opercules ont continué à se mouvoir comme à l’ordinaire ; et la circulation subsistait encore, même à l’extrémité du trone, plus d’une demi-heure après la destruction totale de la moelle épinière.
8. D'un autre côté, j’ai constamment vu, dans les autres classes, la circulation survivre à la destruction de toutes les parties de la moelle épinière auxquelles survit la respiration : à la destruction de la moelle lombaire, par exemple, chez les oiseaux, à celle de la moelle lombaire et de la costale, chez les mammifères, etc.[1]. Sur plusieurs oiseaux, pigeons, poules, etc., j’ai détruit la moëlle lombaire, et la circulation a survécu, même dans le train postérieur, pendant des journées entières ; j’ai détruit la moëlle lombaire et la costale sur plusieurs lapins, et la circulation a survécu pendant plusieurs heures, même dans le train et dans les jambes de derrière ; enfin, j’ai détruit, sur plusieurs grenouilles, toute la moëlle épinière, hors le seul point de la moëlle cervicale duquel naissent les nerfs de la gorge (c'est-à-dire de la partie mobile de l’appareil respiratoire de ces animaux), et la circulation, comme la respiration, a survécu pendant fort long-temps[2].