Page:Mémoires de l’Académie des sciences, Tome 15.djvu/117

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des charges employées, même dans les sièges. L’on s’est également servi d’obus ou boulets creux, de 8 et de 6 pouces, et du calibre de 24, mais à de très-faibles charges, pour éviter leur rupture ; dans quelques-unes des expériences sur le roc, on a, de plus, mis en usage les obus de 8 pouces pleins, et pesant 39 kilogrammes, de façon à embrasser les plus forts calibres employés dans les services de terre et de mer, à la seule exception près des bombes, que les auteurs se proposent de soumettre plus tard à des expériences spéciales.

Les maçonneries sur lesquelles il a été tiré plus de 500 boulets de 16 et de 24, dans le dessein d’y pratiquer une double brèche, faisaient partie de l’escarpe des ouvrages avancés de la citadelle de Metz, construits, il y a plus d’un siècle, sous la direction du maréchal de Vauban, en bon mortier hydraulique et moellons calcaires de Metz ; elle offrait par conséquent un grand degré de consistance relative, ce qui ne l’a pas empêchée d’être pénétrée à une profondeur moyenne de 65c, par les boulets de 24, et d’être démolie en un assez petit nombre de coups. Le roc naturel soumis à l’épreuve du tir, formait une masse continue de calcaire oolithique jaune, semblable à celui du parement des maçonneries ci-dessus, et coupé à pic lors d’une ancienne exploitation de carrière, qui a fourni, pendant longtemps, la pierre de taille employée aux travaux des fortifications de la ville ; quoique d’une ténacité médiocre et qu’on peut évaluer à environ 180k par centimètre carré de surface, les boulets n’y pénétraient, au plus, qu’à 30c de profondeur, et rebondissaient souvent à plus de 100m de distance en arrière ; ce qui rendait ce tir fort dangereux, et prouve la grande influence exercée par l’étendue et la continuité des masses. Quant aux terres, elles