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MÉMOIRE

recherche que nous avions en vue. Quelques-uns de ces corps ont été examinés par un grand nombre de chimistes ; mais les recherches de M. Thenard sont de tous les travaux entrepris à cet égard ceux qui ont fourni le plus de données précises. Nous avons eu de si fréquentes occasions d’en reconnaître l’exactitude, que la différence des conclusions de ce célèbre chimiste et de celles que nous sommes forcés d’admettre d’après nos expériences, nous a engagés à retourner la question dans tous les sens avant d’adopter un résultat qui paraîtra bien singulier.

En effet, il est certain, d’après les expériences de M. Thenard, que les éthers nitrique, acétique, benzoïque et oxalique, traités par la potasse pure, se transforment plus ou moins vite en hypo-nitrite, acétate, benzoate ou oxalate de potasse, et en alcool. M. Thenard en a conclu, et cette conclusion a été nécessairement adoptée par tous les chimistes, que ces éthers étaient formés des acides qui se retrouvaient dans les sels de potasse obtenus et de l’alcool que l’expérience avait mis en liberté.

Ces éthers, ainsi considérés, étaient donc de véritables sels dans lesquels l’alcool faisait fonction de base. Les alcalis puissants déplaçaient l’alcool, et rien n’autorisait à élever le plus léger doute sur des conclusions aussi sévèrement déduites des faits.

Cependant l’analyse élémentaire des éthers déjà cités ne s’accorde point avec cette manière de les envisager. L’éther oxalique, par exemple, renferme presque autant de carbone que l’alcool, bien que l’acide oxalique en contienne beaucoup moins. L’éther acétique fournit plus de carbone que l’alcool, et cependant l’acide acétique est moins riche que l’alcool en