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partie mathématique.

du globe, et leur forme diffère peu de celle de la surface courbe engendrée par la révolution d’une ellipse. L’ellipticité ou l’excès du diamètre de l’équateur sur l’axe polaire pris pour unité peut être déterminé par la comparaison des degrés du méridien mesurés dans divers climats ou par celle des longueurs du pendule, et par deux inégalités du mouvement lunaire. Ces différentes méthodes conduisent à des résultats sensiblement égaux. Si l’on concevait que la surface du sphéroïde terrestre privé des eaux de l’océan devînt liquide, et que l’équilibre fût établi, la forme du globe différerait très-peu de sa forme actuelle. Ainsi la présence et la distribution des eaux à la superficie de la terre ne causent pas de changemens considérables dans la loi de la diminution des degrés et dans celle de la pesanteur. Cela provient, 1.° de ce que la densité de l’eau est environ cinq fois moindre que la densité moyenne de la terre ; 2.° du peu de profondeur de l’océan : car la valeur moyenne de cette profondeur ne peut être qu’une partie assez petite de la différence du rayon de l’équateur au rayon qui passe par le pôle.

On ne peut admettre aucun déplacement considérable des pôles à la surface du globe, et toute hypothèse physique fondée sur une telle supposition ne s’accorderait point avec la connaissance exacte que nous avons acquise des causes mécaniques qui déterminent la figure du globe. Toutes les observations connues et tous les résultats de la théorie concourent à prouver que l’axe du mouvement diurne passe par des points invariables de la superficie de la terre, et que la durée de ce mouvement n’a subi aucun changement appréciable depuis les époques les plus reculées. Ces deux conséquences fondamentales avaient été démontrées. Mais il fallait examiner si la masse liquide répandue sur une partie de la surface terrestre peut empêcher qu’il n’existe pour le système entier un ou plusieurs axes principaux de rotation, propriété dont jouissent