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histoire de l’académie,

M. Fodera a fait des expériences sur l’extension des effets que l’attouchement produit sur les feuilles de la sensitive. Si l’on en touche légèrement un foliole, il se fermera seul ; si l’on en touche plusieurs, ensemble ou successivement, ils se fermeront encore, sans que le mouvement se communique aux autres : mais, si l’on pique un foliole, ou si on le brûle an moyen des rayons du soleil concentrés par une lentille, non-seulement le foliole, mais tous ceux du même rameau de la feuille se fermeront très-promptement, et bientôt ceux des autres rameaux se fermeront aussi et la feuille tout entière s’abaissera. Si l’on porte la piqûre ou la brûlure sur la tige de la plante, si l’on en coupe une branche avec des ciseaux, sans en agiter les feuilles, celles-ci ne se se ferment point : mais, si l’on applique à cette tige une goutte d’acide nitrique ou vitriolique, toutes les feuilles s’abaissent et se ferment promptement, ainsi que M. Desfontaines l’avait déjà observé il y a nombre d’années.

À propos de ces faits, M. Fodera en rappelé d’autres, que M. Decandolle a constatés autrefois ; c’est que la sensitive a, en quelque sorte, des habitudes qu’elle ne perd qu’avec le temps. Si on l’enferme, par exemple, dans un lieu obscur, elle continuera, pendant quelque temps, de fermer ses feuilles seulement quand le soleil est au-dessous de l’horizon, même si on l’éclaire dans ces momens-là par une lumière artificielle ; mais, avec de la persévérance, on parvient à lui faire prendre des habitudes contraires, et elle finit par s’épanouir, même pendant la nuit, si on lui fournit une lumière artificielle très-vive.

M. Desfontaines a constaté aussi qu’une sensitive, transportée dans une voiture rapide, se contracte d’abord ; mais que peu à peu elle se fait à ce mouvement, et reprend son épanouissement ordinaire comme dans l’état tranquille.

M. Fodera cherche à se rendre compte de ces faits, en