indissolubles ; c’est souvent par ses fonctions qu’il a été conduit à des observations ; s’il a mieux qu’aucun autre décrit les Pyrénées, c’est que des haines politiques l’avaient contraint de s’y refugier ; sa position à la tête d’un département intéressant pour la géologie est ce qui l’a aidé à perfectionner la mesure des hauteurs ; en un mot, c’est dans les détails d’une vie agitée que se trouve le commentaire nécessaire des plus savants de ses ouvrages. Vous ne vous étonnerez donc point de ’entendre rappeler les événements de l’histoire générale auxquels M. Ramond a pris part ou dont il a été victime, parce que ce sont presque toujours ces événements qui ont été les occasions de ses découvertes.
Dès son enfance, dès son origine même, on aperçoit en quelque sorte le germe de ce qu’il a été. Son père, Pierre Ramond, trésorier de l’extraordinaire des guerres en Alsace, était originaire du midi de la France. Sa mère, Marie Eisentraut, appartenait à une famille allemande de la rive gauche du Rhin ; et c’étaient d’une part les persécutions exercées contre les protestants, de l’autre les épouvantables dévastions auxquelles les armées françaises livrèrent à deux reprises le Palatinat[1], qui avaient fixé ces deux familles en Alsace, en sorte que, réunissant en lui la nature vive et ardente des habitants du midi avec cette disposition à la méditation, cette persévérance, si générales parmi les peuples germaniques, M. Ramond puisait dans les souvenirs de ses ancêtres l’horreur du gouvernement arbitraire et des conséquences qu’il entraîne, même ce que l’on voit si rarement, lorsqu’il est dans les mains d’un monarque aussi
- ↑ En 1674 et en 1679.