Page:Maël - Une française au pôle Nord, 1900.djvu/142

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fortune favorise les audacieux » fut justifié. La banquise aperçue parut fuir devant l'Étoile Polaire, et le soleil, en se dégageant des buées, laissa voir une mer toute bleue sur laquelle s’envolaient çà et là des floebergs, pareils à des goélands effarouchés.

On aperçut, à 10 milles au nord-est, l’extrémité de la falaise, finissant en un cap étroit et bas. Le steamer courait avec une vitesse de 15 nœuds. Quand il eut atteint l’extrémité du promontoire, l’océan radieux s’étendait, à perte de vue, dans le nord, tandis que la côte grœnlandaise se rejetait vers le nord-ouest.

Tout à coup, dans le silence d’admiration qui suivit celle découverte, une détonation éclata. Les yeux interrogèrent la côte, Un flocon blanc s’élevait sur la crête des falaises les moins élevées. Les explorateurs étaient là.

Sur le pont de l'Étoile Polaire, de frénétiques hourras répondirent au coup de feu, et le navire, serrant le rivage, vint enfin jeter l’ancre au delà de la pointe glorieusement doublée.

« Ce cap, s’écria le commandant Lacrosse en se découvrant, ne peut porter qu’un nom, celui de la femme héroïque qui nous a rendu le courage. Nous l’appellerons désormais le « cap Isabelle ».

De nouveau les mains frappèrent une triple salve. Puis deux embarcations se détachèrent du navire et gagnèrent le fond sablonneux d’une jolie baie. Une demi-heure plus tard elles rapportaient à bord toute l’escouade du lieutenant Hardy, qu’une troisième colonne allait remplacer.

On n’avait plus qu’à se laisser porter sur une mer d’une admirable complaisance. Deux fois encore, l'Étoile Polaire relâcha pour relever les escouades. Enfin, le 28 mai, quatre