plus expédiente et la plus économique pour les spoliateurs. L’autre grief principal était l’existence d’un conseil législatif, le patron de tout job, et l’opposant déterminé de toute mesure bonne et populaire. Ce conseil rejeta, même durant le séjour des commissaires du Roi, tous les bills passés par la chambre d’assemblée pour l’amélioration interne du pays, à l’exception d’un bill de chemin de fer. Parmi ceux-là était le bill annuel des écoles, dont le rejet priva 400,000 enfants des moyens d’instruction. Le peuple sentît qu’aussi longtemps qu’un pareil conseil existerait, la constitution ne serait que moquerie et déception, et, en 1834, il demanda, au moyen des célèbres 92 résolutions, entr’autres réformes proéminentes, l’introduction du principe électif dans le conseil législatif. Ces réclamations furent faites en termes énergiques, mais modérés. Des propositions tellement monstrueuses, aux yeux des esprits aristocratiques du pacte de famille du jour, furent reçues, comme de raison, avec l’opposition la plus déterminée.
Nous trouvons dans une adresse au Roi qui fut faite l’année suivante, cette juste, mais forte remontrance :
« Nous répétons solennellement que l’objet principal des réformes politiques, pour l’obtention desquelles cette chambre et le peuple de cette province ont fait tous leurs efforts depuis un grand nombre d’années, et qui ont été fréquemment énumérées à Votre Majesté, est d’étendre le principe électif au conseil législatif, une des branches de la législature provinciale qui, par son opposition au peuple et en raison de sa constitution imparfaite et vicieuse, s’est montrée insuffisante à remplir les fonctions pour lesquelles elle fut originairement instituée : de rendre le conseil exécutif directement responsable aux représentants du peuple du Canada, conformément aux principes et à la pratique de la constitution anglaise telle qu’établie dans le Royaume-Uni, de mettre sous le contrôle bienfaisant et constitutionnel de la chambre le revenu public en entier, prélevé dans cette province, provenant de n’importe quelle source, d’obtenir le rappel de certains actes passés par le parlement du Royaume-Uni, dans lesquels il n’est pas tenu compte du peuple de cette province, à l’égard de ses affaires intérieures, rendant son territoire et ses meilleures res-