sources l’objet d’une spéculation et d’un monopole indus, ce que nous maintenons être une violation des droits de la législature et du peuple de cette province. »
La chambre d’assemblée s’adressa aussi à lord Gosford, au sujet de la compagnie canadienne et d’autres monopoles du même genre, de la manière suivante :
« Chaque jour nous convainc de plus en plus que la principale tendance de cette compagnie est de maintenir cet antagonisme de peuple contre peuple parmi les différentes classes des sujets de Sa Majesté, antagonisme qui a été alimenté jusqu’à présent, ainsi que tous les maux qui en résultent, avec trop de succès, par des administrations corrompues. »
Ces réclamations, malgré qu’elles fussent faites de bonne foi, par les Canadiens, ne semblaient être nullement considérées par les génies qui présidaient à Downing-street. Le nom d’un Canadien-français, apposé à un document, était suffisant pour lui assigner sa place dans les sombres cachettes du bureau d’un ministre, ou, au moins, pour exciter les plus forts préjugés et une ardente animosité de la part du lecteur anglais, qui s’imaginait voir en tout Jean-Baptiste un Guy Fawkes, dont l’unique intention était le renversement du roi d’Angleterre, de ses lords, de ses communes et de sa domination. Ces préjugés, ces animosités étaient malheureusement très fortes, et, à l’existence de cet état de choses, nous sommes obligé d’attribuer l’incapacité des législateurs anglais de cette époque à pourvoir au moyen d’alléger le fardeau des maux qui existaient alors. Une politique conciliante aurait pu assurer alors, comme aujourd’hui, paix et soumission ; une politique tyrannique ne pouvait avoir que des résultats désagréables. Le sang qui coulait dans les veines de ces hommes prévenait la possibilité d’une docile résignation, et les poussait à demander leurs droits. Alors que l’Angleterre vantait sa liberté, sa libéralité, ses lumières, sa prospérité, était-il prudent, était-il juste d’infliger l’opprobre et l’injustice à un peuple conquis ? Nous ne disons pas seulement que c’était injuste, nous ajoutons que c’était impolitique. Il y avait des légions de loyaux canadiens-français en 1837 ; il y en a encore beaucoup ; mais la chair et le sang ne pouvaient sup-