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Page:Macaulay - Passé, présent et avenir du Canada, 1859.djvu/13

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porter l’ignominieux traitement qu’ils avaient reçu jusqu’alors. La conséquence fut une révolte, malheureuse dans sa cause, mais inappréciable dans ses résultats définitifs. Des existences furent sacrifiées, des villages brûlés, des villes désolées ; mais un grand résultat fut obtenu. Du mal vint le bien ; les yeux du peuple d’Angleterre furent ouverts au fait que les colons d’origine française en Canada, malgré qu’ils eussent été méprisés, dédaignés et insultés, avaient assez de courage pour déclarer qu’ils ne pouvaient pas supporter au milieu d’eux l’existence d’un family compact, qui les regardait et les traitait comme une race inférieure. Nous apprécions aujourd’hui les résultats définitifs de cette explosion. Tout ce que demandait ces prétendus rebelles français, en 1834, a été octroyé, et un grand nombre des chefs du mouvement de 1837 ont été élevés aux plus hautes positions, de la responsabilité la plus élevée, en 1857. Il a donc été ainsi admis que ces hommes agirent patriotiquement, et non criminellement ; à leur énergie et leur perspicacité nous sommes aujourd’hui redevables de notre avantageuse condition politique. Permettez-nous d’examiner plus minutieusement la force relative des arguments allégués à cette époque par les parties contestantes.

Le parti anglais prétendait qu’un conseil législatif électif affaiblirait et détruirait définitivement la connexion existante entre la mère-patrie et la colonie. En réponse, on maintenait que la continuation du système existant détruirait, non seulement en définitive, mais promptement, cette connexion, et cela pour ces raisons : Le conseil était une cause de mécontentement. Le grief principal des Canadiens, contre le gouvernement impérial, consistait non pas en ce que ce gouvernement était en lui-même directement et immédiatement oppressif, mais parce qu’il maintenait et supportait le conseil législatif. Et cette institution était, sans aucun doute, préjudiciable à cette colonie. Il peut exister des différences d’opinion sur la question de savoir quelle devait être la part de la colonie dans son propre gouvernement et celle qui devait échoir à la mère-patrie. La colonie exer-