çait son pouvoir au moyen d’un corps représentatif. La mère-patrie exerçait le sien par le gouverneur et au moyen du parlement impérial ; le bureau colonial pouvait tenir le gouverneur responsable de tous les actes qu’il accomplissait dans l’exercice de ses fonctions. Mais il existait encore un autre pouvoir, l’égal des deux autres, qui ne représentait ni la mère-patrie ni la colonie, mais seulement une bande de jobbeurs officiels, étouffant non seulement les désirs de la colonie, mais remplaçant l’autorité de la mère-patrie, puisque les lois qui comportent les demandes du peuple ne viennent jamais devant le gouverneur ou le ministre colonial, lorsqu’elles ont été rejetées par la chambre haute. Cela fut une des principales causes du mécontentement en 1837 et 1838, et nous devons être indulgent à l’égard des malheureux événements qui caractérisent cette époque. Les chefs de ce parti factieux vivent encore au milieu de nous ; chacun d’eux a subi la pénalité de l’exil, volontaire ou forcé ; un grand nombre d’entre eux se sont retiré de la vie politique active ; mais ils ont emporté dans leur retraite le respect de tout Canadien qui considère avec les yeux du jugement et de l’impartialité les événements de ces jours, et qui peut apprécier pleinement la tyrannie outrageante dont le parti qu’ils guidaient fut la victime, écrasé qu’il était dans cette colonie sous le genou d’une oligarchie sans scrupules, et livré, en Angleterre, à l’oppression de l’impitoyable bureau colonial de Downing-street. La révolte fut écrasée, la paix rétablie, mais l’esprit des réformes ne s’était pas enfui avec la fumée des batailles de St-Denis et de St-Charles. Plusieurs patriotes évitèrent la griffe de l’oligarchie vengeresse, et trouvèrent un gîte au sein de la république voisine. Des années s’écoulèrent ainsi, mais l’on commença bientôt d’apercevoir la force de l’opinion publique assumant graduellement son pouvoir.
En 1838, lord Durham fut envoyé comme gouverneur-général, et il produisit son fameux rapport sur l’état de la province. Ayant donné sa démission, en raison de certaines animadversions qui prirent naissance dans les Communes au sujet de sa conduite, Sir Poulett Thompson fut expédié