évènements, tant à l’égard du gouvernement impérial que des habitants de cette colonie, permettez-nous d’arriver à l’ère importante des affaires politiques canadiennes, qui sera connue dans l’avenir comme « 1858, » et de considérer froidement et sans passion la position que nous occupons aujourd’hui. Avec une population considérable, et qui augmente rapidement, avec d’importants moyens d’éducation à notre disposition, avec notre commerce étendu, nos moyens de communication, nos manufactures et nos avantages agricoles, nous avons justement raison d’être orgueilleux de notre enviable position. C’est notre devoir, comme c’est le devoir de n’importe quel peuple, de voir à ce que notre forme de gouvernement soit en accord avec les désirs de la majorité, les droits inhérents à la minorité devant, néanmoins, être religieusement respectés. L’on trouve chez toutes les nations des individus qui entretiennent des opinions extrêmes en matières politiques, et qui aspirent consciencieusement à l’expansion de leurs vues particulières. Mais, de nos jours, le temps et les circonstances ont passé leur patte de velours sur l’esprit des politiques les plus ultras. Les violentes irruptions politiques auxquelles nous avons fait allusion au commencement de cet article, et qui ont mis en fermentation et déchiré la société, semblent ne pas convenir à notre tempérament actuel. La tyrannie oligarchique dont les Canadiens se plaignirent si justement et si amèrement en 1837 et 1838, a presque complètement disparu, et, à sa place, grâce au progrès des idées libérales en Angleterre, une politique plus étendue et plus conciliante dans sa nature, mieux adaptée aux aspirations et aux exigences d’un peuple éclairé et libre, a été substituée. La sanction royale a été donnée à une loi introduisant le principe électif dans le conseil législatif, et le peuple du Canada jouit des bienfaits du gouvernement responsable, en d’autres mots, le self-government, à un degré satisfaisant. Ce système, obtenu après de longues luttes et qui a coûté tant d’efforts et de sacrifices, mérite pleine et entière considération de notre part, et nous nous proposons de traiter de son application au gouvernement de ce pays. Anciennement, en Angleterre, si un conseiller donnait un
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