ait jamais été offert. Non seulement on a vu un grand nombre d’électeurs vendant leur honneur et leur indépendance pour argent comptant, mais encore des élus, des représentants d’un peuple civilisé, à leur disgrâce éternelle qu’on l’enregistre, trafiquant leur position, l’intérêt de leurs constituants, le bien-être de leur pays, pour une mesquine considération relativement, afin de satisfaire leur sordide avarice. Des hommes de nom et de bonne famille ont amassé des milliers de louis par un honteux trafic avec le ministère du jour, livrant leurs votes en échange de l’argent et du patronage, de gros jobs pour leurs amis, de riches morceaux de choix et d’émoluments considérables pour eux-mêmes. Dans bien des comtés, maintenant, la plus forte recommandation d’un candidat n’est pas qu’il soit libéral ou conservateur, qu’il soit pour ou contre la représentation basée sur la population ou les écoles séparées, la protection ou le commerce libre, l’octroi du Grand-Tronc ou la confédération des provinces et le siège permanent du gouvernement ; mais tout simplement qu’il soit capable de dépenser £ 2,000 à £ 3,000 pour acheter son passeport à la chambre d’assemblée, de sorte qu’il peut, avec toute la froide impudence imaginable, s’adresser à ses constituants et les informer que, vu qu’il a acheté leurs votes, ils ne peuvent avoir aucune prétention sur lui, que sa conduite parlementaire convienne à leurs vues politiques ou non. Dans d’autres comtés le ton de moralité qui règne au sein de la population, fait rejeter le politicien trafiqueur, et là un candidat doit dépendre sur son caractère, son passé et son habileté à impressionner le peuple et à le persuader qu’il est capable de discerner les maux que souffre le pays et d’appliquer le remède requis. Nous avons eu un grand exemple de l’existence de ce sentiment dans une division électorale voisine où, durant une dernière élection, malgré que l’un des candidats fût supporté par toute l’influence d’un procureur-général et d’un ex-secrétaire-provincial, dans leurs comtés respectifs, et malgré que ce candidat dépensât des milliers de louis pour l’achat de votes a découvert, le candidat opposé fut élu par une forte majorité d’électeurs incorruptibles. Un sentiment de honte et d’indi-
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