l’habitude d’adorer disparaît au milieu des nuages, et, après une bonne nuit de repos, ils tombent de nouveau sur leurs genoux pour implorer le soleil levant, afin qu’il laisse descendre sur leur tête sa bénigne influence. Une place de commissaire ou de juge, de shérif ou de collecteur, cela suffit pour engager ces dévouées créatures à servir leur pays. Vraiment, ces flagorneurs et ces serviteurs du moment devraient être mis hors la société avec dérision et mépris. Une droite et honnête expression de l’opinion, et l’application pratique de cette opinion, devraient être la seule recommandation d’un homme qui aspirerait à une position responsable dans ce pays.
Depuis le jour de la conquête de ce pays par les armes anglaises jusqu’à cette heure, on a marché graduellement et progressivement vers l’établissement des institutions démocratiques. Les habitants de cette province ont toujours été et continuent d’être les loyaux sujets du souverain de la Grande-Bretagne. Ils respectent son représentant dans cette colonie, mais non pas avec cet esprit de servile adoration désirée par quelques ultra loyaux de la vieille école. Ils possèdent un gouvernement représentatif, obtenu après trente années de luttes et de dangers, et ils tiennent à ne pas être privés de cette garantie de leurs libertés qui sont si chères à tout Canadien d’origine anglaise comme d’origine française. Ils demandent que la constitution anglaise soit mise en pratique de la même manière qu’en Angleterre, c’est-à-dire, que le peuple gouverne par le moyen des hommes qu’il choisit, et, avant tout, ils veulent que les ministres du pouvoir soient responsables au peuple de leurs actes officiels. Une tentative toute récente de la part du gouverneur de cette colonie, pour intervenir dans l’application réelle de ce système, a rencontré une résistance vigoureuse et patriotique, et il est satisfaisant de voir que la presse anglaise, celle des colonies-sœurs et la presse des États-Unis, de toutes les couleurs politiques, a dénoncé, d’une manière à nullement s’y tromper, la tentative du gouverneur-général de saper les fondations de notre liberté constitutionnelle. Une telle tentative de la part d’un gouverneur-général doit être condamnée