en Angleterre, par les plus hautes autorités, de la manière qui leur sera suggérée par la connaissance qu’elles doivent avoir du Canada et du caractère de son peuple. Si ces autorités hésitaient, le peuple d’Angleterre élèverait une voix de tonnerre en notre faveur. Nous avons conquis, dans des occasions précédentes, la liberté constitutionnelle par l’assistance de cette grande voix, et le même invincible pouvoir est encore à notre disposition quand il sera urgent de le requérir. Les peuples de ce continent sont éminemment constitués pour les institutions démocratiques. La magnifique union, établie sur nos frontières, a été constituée et organisée sur une immense étendue territoriale, taillée dans des forêts qui n’avaient jamais été touchées par la hache de la civilisation, arrosée de fleuves et de rivières, qui, jusqu’alors, n’avaient servi qu’à charroyer les troncs des arbres brisés ou à laisser glisser, sur leurs ondes, le canot du sauvage indien. Dans cette vaste étendue de forêts, tout était à accomplir pour en faire le centre d’une nation civilisée. Néanmoins la république américaine fut créée. Elle prit sa place parmi les puissantes nations du monde dans un espace de temps incroyablement court. Elle choisit pour le motto de son progrès, la civilisation et la colonisation ; et, par l’invincible énergie de la race anglo-saxonne, transplantée de l’Angleterre, elle a accomplie les plus grandes merveilles que jamais peuple ait accomplies. Elle invita de toutes les parties du monde tous les hommes dont les talents demeuraient inappréciés dans leur pays natal. L’invitation fut cordialement acceptée par des millions de personnes appartenant à toutes les nations de l’Europe, et de ce chaos d’intelligences, d’ambitions, de lumières et d’ombres, de cette Babel de peuples parlant toutes les langues connues, les institutions républicaines ont constitué sur le continent américain une nation dont il n’y a pas de précédent dans les annales du monde.
D’un autre côté, le Canada, quoiqu’il ait franchi diverses phases dans le chemin du progrès, n’a pas progressé au même degré que les États-Unis, et nous croyons fermement que l’établissement de semblables institutions nous rendra seul capables de nous maintenir dans le voisinage immédiat d’un