Une autre question d’un haut intérêt dans la politique canadienne du jour, est de savoir si les écoles supportées par le gouvernement devraient être mixtes ou séparées, si les enfants appartenant soit à la religion catholique, soit à la religion protestante devraient être réunis sous le même toit pour les fins de l’éducation, ou si des écoles séparées doivent être établies pour chaque secte et supportées au moyen des taxes prélevées sur la communauté en général. Beaucoup d’excitation a été créée, durant ces dernières années, par l’agitation de cette question. Le Bas-Canada possède un système imparfait d’écoles séparées et supportées par l’État. Le Haut-Canada possède un système indéfini et incertain d’écoles séparées. Le parti catholique romain, dans le Bas-Canada, insiste pour la concession, à la minorité catholique du Haut-Canada, des mêmes privilèges dont jouit la minorité protestante dans le Bas-Canada, cela paraît être de simple justice ; mais une majorité des habitants du Haut-Canada s’est souvent montrée fort peu disposée à encourager les intérêts de l’église romaine, dans la partie de la province qu’elle occupe. En conséquence, l’antagonisme existe, et c’est manifestement le devoir de nos hommes d’état des deux sections de la province d’adopter une politique qui conciliera ces malheureux préjugés de religion et de localité. Ces différences d’opinion, au sujet de l’éducation séculière, existent dans tous les pays du monde, et il serait étonnant qu’au milieu d’une population mixte comme la nôtre il n’existât de semblables dissensions. Nous prétendons que l’éducation religieuse n’est pas du ressort de l’état ; son devoir est de donner, au peuple, une éducation saine, pratique et libérale, laissant le soin de la partie dogmatique à l’église et aux écoles du dimanche, administrées par des ministres de chaque secte différente.
Un auteur distingué dit : « L’objet principal de tout gouvernement est purement temporel : il protège la propriété et les individus, et le gouvernement, comme toute autre combinaison de la sagesse humaine, doit certainement mieux répondre à son but, quand il est constitué de manière à avoir ce seul objet en vue. »