Nous considérons que l’éducation religieuse du peuple ne fait nullement partie du devoir du gouvernement. L’établissement d’un système national d’éducation séculière serait ce qui pourrait être mieux adapté à la population mixte de ce pays, et il servirait à faire disparaître, très promptement, ces animosités religieuses qui doivent naturellement subsister partout où l’État contenance la propagation de deux croyances distinctes dans les écoles communes. Si nous maintenons la justesse du principe qui pourvoit à l’éducation religieuse des enfants appartenant aux croyances catholique romaine et protestante dans nos écoles nationales, pourquoi les mêmes privilèges ne seraient-ils pas accordés à nos concitoyens amnistes, calvinistes, épiscopaliens, juifs, presbytériens, pédobaptistes, annabaptistes et unitairiens ? Il est donc patent que l’État, au lieu de sanctionner l’introduction de l’enseignement dogmatique, devrait adopter un système d’éducation purement séculier. Le gouvernement doit, sans doute, désirer la propagation du christianisme, mais son action, dans ce cas, ne doit s’étendre qu’en autant que le peuple consent à l’accepter. Nous avons ainsi brièvement traité les questions proéminentes qui agitent l’esprit public, causent nos difficultés, produisent un malheureux antagonisme entre le Haut et le Bas-Canada. D’autres questions d’une importance nationale et d’un intérêt vital pour les deux sections se présentent aussi, mais les limites de cet essai qui est déjà suffisamment long, en rendent la discussion inopportune. Il en est deux, cependant, que je ne puis passer sous silence : la question du siège du gouvernement et la confédération des provinces.
Les colonnes de presque tous les journaux du pays ont été remplies, depuis plusieurs mois, de longues dissertations sur la question si épineuse de la permanence du siège du gouvernement. Suggestions sur suggestions, conjectures après conjectures, incriminations et récriminations ont été faites et refaites, et, à l’heure qu’il est, l’esprit le plus impartial, le plus désintéressé et le plus perspicace pourrait difficilement en arriver à une solution des difficultés et des malentendus qui existent à propos de cette importante question. D’un côté