l’on prétend que la décision de cette question est d’une importance nationale, qu’à moins que le résultat définitif de ces délibérations législatives incessantes, de ces références etc., ne se produise promptement, le pays souffrira d’immenses inconvénients et des dépenses inutiles. — Au risque de différer d’opinion avec le grand nombre, nous devons conclure que la fixation, d’une manière permanente, du siège du gouvernement, est encore, comme elle l’a toujours été, une impossibilité complète indéniable. La vraie signification du mot permanent d’après Walker, est durable, inaltérable, immuable. Pouvons-nous avoir la permanence du siège du gouvernement en vue des projets que nourrit le ministère actuel ? Ottawa a été choisi pour le siège du gouvernement subséquemment à la disgracieuse référence de cette question au bureau colonial, procédé que nous considérons être un sacrifice des droits conférés au peuple du Canada par le gouvernement responsable. Une année s’est écoulée, nous avons un nouveau parlement, sommes-nous liés pieds et poings à cette décision qui n’est rien moins qu’absurde ! Possédons-nous ou non le gouvernement responsable, et un parlement peut-il lier ses successeurs pour toujours ? Dans le cas d’une confédération des provinces (projet que nos savants ministres favorisent) Ottawa sera-t-il le siège permanent du gouvernement ? Et si la confédération devient jamais un fait accompli, de quel état, de quelle division Ottawa sera-t-il la capitale ? Il est donc clair que la permanence est une chose impraticable. Si le dernier parlement a commis une grossière et impardonnable erreur, son successeur n’a-t-il pas le droit d’employer toutes les mesures constitutionnelles à sa disposition pour réparer cette erreur ? Comment le ministère actuel peut-il favoriser l’établissement, d’une manière permanente, du siège du gouvernement à Ottawa et préconiser en même temps la confédération des provinces ? Ottawa ne pourra jamais être le centre de la confédération. Mais on nous dit : « C’est énormément dispendieux de changer le siège du gouvernement tous les quatre ans. » Alors, dirons-nous, si vous êtes si économes, pourquoi iriez-vous dépenser des milliers de louis pour l’érection des bâtisses du parlement dans une ville qui ne pourra jamais être le centre fédéral.
Page:Macaulay - Passé, présent et avenir du Canada, 1859.djvu/26
Apparence