Il s’opèrera, avant longtemps, un changement dans le système politique des provinces britanniques de l’Amérique du Nord (si nos ministres sont sincères) ; pourquoi donc ne pas attendre l’accomplissement de cet événement, avant de construire des édifices publics dispendieux, à Ottawa, ou n’importe où ailleurs. Nous sommes parfaitement de l’opinion de ceux qui croient qu’avant que notre système politique ait subi les changements qu’il doit nécessairement subir, une ville centrale de notre province, qui posséderait déjà des édifices convenables et spacieux, devrait être choisie pro tempore pour être le siège du gouvernement et que la question ne pourrait être reconsidérée que dans le cas d’une confédération ; alors, et alors seulement, pourrons-nous décider la question importante de la permanence.
Des jalousies locales et des chicanes de partis ont caractérisé tous les débats parlementaires qui ont eu lieu sur ce sujet, et nous conseillerons au ministère d’adopter la même ligne de conduite qu’ils suivirent avant et après que la question eut été référée en Angleterre. Qu’ils conservent à toutes les principales villes la perspective de l’honneur d’être la capitale de la confédération. S’ils ne se servent pas de ce vieux moyen, leurs jours sont comptés.[1]
Arrivons aux terribles anathèmes que les organes enrégimentés ont lancé à la tête de l’opposition qui a été si peu loyale que de refuser la sanction législative à la décision de la Reine. La première question qui se présente est celle-ci : Le parlement actuel a-t-il le droit de réviser, annuler ou amender les actes publics de son prédécesseur ? Dans le cas dont nous nous occupons, le dernier parlement adopta une résolution par laquelle on référait cette question à la décision de Sa Majesté, qu’elle pouvait donner par l’exercice de sa prérogative royale. Elle accepta la tâche, et, de l’avis de son exécutif, elle choisit Ottawa.
- ↑ La session qui vient d’être close n’était pas encore ouverte ; et la trahison des représentants du peuple a fait manquer cette prophétie ; leur égoïsme a été sourd aux vœux de la grande majorité du peuple et a grossi l’indignation générale qui attend avec impatience l’occasion de faire justice de certains hommes exécrés !