Le parlement qui adopta cette ligne de conduite a été dissout durant l’intérim, et un autre a été élu. Le parlement actuel ayant déclaré que son prédécesseur errait en demandant la décision de la Reine dans une matière de pur intérêt local, n’a pas voulu être lié par de pareils actes et il est prêt à voter une adresse à la Reine, la requérant de reconsidérer sa décision, et peut-être ira-t-il plus loin et demandera-t-il dans la prochaine session que la décision de la Reine soit complètement annulée en vue du projet de la confédération des provinces et de la misérable condition de notre échiquier.
Blackstone écrit : « Toute chose qui est exceptionnelle dans l’administration des affaires publiques ne doit pas être imputée au roi : malgré cette perfection personnelle que la loi attribue au souverain, la constitution a donné aux deux chambres du parlement la latitude de supposer le contraire, et chacune d’elle peut user du droit de réclamer, en se plaignant au roi, de ces actes de la souveraineté qui sont plus particulièrement et plus personnellement les siens. Les deux chambres ont le droit de considérer ces actes d’état sous n’importe quel jour et elles supposent toujours qu’ils sont en effet des avis de l’administration existante. »
Nous maintenons donc que notre parlement peut réclamer et se plaindre à Sa Majesté de cette référence et de la décision qui est intervenue, comme étant le fait de ses ministres et non le sien. L’opposition peut tirer grandement partie de la détermination à laquelle en est arrivé M. Cartier, au sujet de cette question. À l’œuvre donc, messieurs de l’opposition ; ne craignez pas le cri absurde : La loyauté ! la loyauté ! lorsque l’intérêt seul de vos commettants doit vous guider. Le temps est passé où un semblable cri écrasait les réformistes du Canada et les empêchait de réclamer efficacement leurs droits. La Reine ne nous en respectera que plus si nous montrons que nous entendons nous servir des grands privilèges qui nous ont été octroyés.
Quelques mots maintenant touchant le projet que l’on entretient d’une confédération des provinces britanniques de l’Amérique du Nord, et la construction d’un chemin de fer national entre Halifax et Québec. Beaucoup d’hommes