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Page:Macaulay - Passé, présent et avenir du Canada, 1859.djvu/30

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cipes larges et immuables d’équité qui ont produit de si grands résultats pour les États-Unis, et le Canada a précisément grandi en autant qu’il s’est émancipé du contrôle du bureau colonial anglais. Le système américain protège les intérêts du cultivateur-propriétaire, tandis que le bureau colonial fait de son mieux pour maintenir le grand propriétaire dans les richesses, le paysan dans l’indigence. Notre gouvernement semble ne pas désirer l’indépendance des classes inférieures dans les colonies.

Pour ces raisons nous croirions imprudent de hâter le projet d’une confédération des provinces sous le contrôle et la direction des influences de Downing-street. Quand le temps d’une union des provinces sera arrivé, espérons que le principe républicain en sera la base, avec la sanction du grand pouvoir qui nous régit actuellement et qui ne peut s’empêcher d’exprimer son admiration journalière du succès de son rejeton, les États-Unis.

Dans notre appréhension, la crise politique par laquelle ce pays est dernièrement passé, doit faire raisonner la voix de l’avertissement à l’oreille de nos législateurs. Un but vers lequel nous devrions tendre d’une manière générale et vigoureuse serait de démontrer à nos concitoyens de la Grande-Bretagne que nous ne sommes pas une misérable poignée d’individus indignes de toute considération, de toute attention, mais que nous sommes plutôt un peuple important, déterminé à marcher à grands pas dans la voie des réformes, à nous saisir des difficultés du moment et à les résoudre, et surtout à maintenir énergiquement les droits qui nous appartiennent comme à un peuple éclairé et libre.

Et pourquoi l’ironique nom de rebel devrait-il être appliqué a ceux qui entretiennent ces vues ? Doivent-ils être montrés au doigt, comme indignes d’occuper une position dans la société, parce qu’ils ne se soumettent pas docilement aux fantaisies et aux caprices de tout officiel qui peut nous être envoyé par le bureau colonial pour prendre les rênes de notre gouvernement et les tenir pendant un certain temps ? La libéralité du peuple anglais, son désir d’obtenir pour les colonies de l’empire une équitable liberté de dire et d’agir.