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Page:Macaulay - Passé, présent et avenir du Canada, 1859.djvu/31

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devrait empêcher à l’avenir le retour des déplorables événements qui ont marqué le passé. Nous avançons d’une manière rapide et inévitable vers une condition de liberté nationale entière et sans entraves. Et nous pouvons entrevoir dans l’horizon de l’avenir, une grande nation s’étendant de l’Atlantique au Pacifique, un peuple dont l’Angleterre et la France seront orgueilleuses, comme de leur rejeton commun, une nation célèbre par l’étendue de son pouvoir, sa prospérité et son intelligence. Des voies ferrées, traversant la magnifique étendue de terre aboutissant à deux océans, vont promouvoir un commerce florissant, consolider et agrandir notre agriculture, développer nos richesses minérales et servir de trait-d’union entre les habitants de l’extrême Ouest et de la partie Est de ces contrées. Et, qui sait si le commerce considérable de transit des Indes Orientales ne courtisera pas nos canaux de communication ? Vraiment, les destinées futures du Canada sont un glorieux sujet de contemplation. Il est vrai que nous ne pouvons faire que des conjectures ; cependant, il est possible de juger avec confiance des progrès que nous réserve l’avenir par ceux que nous a donnés le passé.

La jeunesse actuelle, appartenant aux classes mitoyennes de la société, est fréquemment détournée, par ses supérieurs, d’étudier la chose publique, d’en faire le sujet de ses observations et d’y prendre part. Cette jeunesse est généralement taxée de présomption quand elle est assez courageuse pour exprimer des opinions politiques. On l’informe charitablement que la politique n’emplira pas sa bourse. Nous admettons cordialement cette assertion, et félicitons ses auteurs du compliment qu’elle comporte pour les jeunes aspirants du jour. Jusqu’à présent, la politique a souvent été la plus lucrative des occupations. Il est difficile de dire quel est le plus grand vilain de celui qui, tenant le pouvoir gouvernemental de la confiance que lui accorde ses concitoyens, s’approprie délibérément, pour son propre usage, les impôts levés sur la communauté en général, ou de l’escroc qui s’introduit clandestinement dans la demeure de son semblable et lui vole son argent. Celui-là est manifestement le plus