malhonnête, parce qu’il a odieusement violé le dépôt sacré de la confiance reposée en lui, tandis que celui-ci, paria dans la société, a peut-être été forcé d’adopter quelque moyen désespéré pour lutter contre la faim. Il est du devoir des jeunes gens d’étudier la condition politique de leur pays et de travailler dans cette étude à en appliquer pratiquement les fruits à l’amélioration de l’état moral des hommes publics. S’il est difficile de trouver aujourd’hui des serviteurs publics compétents, si nous avons à admettre, à notre honte nationale, qu’un grand nombre de nos représentants sont au-dessous du niveau ordinaire de la médiocrité ; si nous avons à être témoins des exemples les plus éclatants d’abus de pouvoir et de corruption ; si les chambres de notre législature sont encombrées d’avocats, de docteurs et de notaires, c’est dû au fait regrettable que la jeunesse commerciale de la génération qui a précédé la nôtre ne s’est pas vouée, dans ses heures de loisir, à l’étude et à la pratique des affaires politiques. Nos intérêts mercantiles ne sont pas représentés comme ils devraient l’être, parce que nos marchands sont trop près de leurs ledgers, de leurs dollars, de leur cents mêmes. Ils se servent de ce pays et de ses immenses avantages uniquement pour remplir leurs coffres d’argent, et ils n’ont pas assez de patriotisme pour faire quelques sacrifices pour le bien-être et le bonheur de leurs malheureux concitoyens des classes inférieures. Non seulement ils refusent leurs services personnels ; mais ils cherchent assidûment à empêcher les autres d’agir dans le sens que leur prescrit leurs inclinations patriotiques. Nous nous apercevons, cependant, tous les jours qu’il y a progrès de ce côté, et nous souhaitons sincèrement qu’à l’avenir les jeunes gens qui possèdent des capacités modérées, ne soient pas détournés de la bonne voix par ceux qui devraient leur donner le bon exemple. Ce sera une grande satisfaction pour nous, si ce que renferme cet essai réveille, dans l’esprit des jeunes membres de cette société, l’intérêt qu’ils devraient prendre à la politique canadienne.
Concluons : Le Canada a commis quelques erreurs dans le passé, mais il les a noblement réparées ; il a été quelquefois la victime de l’injustice et de l’oppression ; mais les sentiments