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Page:Macaulay - Passé, présent et avenir du Canada, 1859.djvu/8

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le régime féodal, système qui a subsisté jusqu’à l’abolition de la tenure seigneuriale, en 1854. En 1759, le Canada fut envahi sur trois différents points par les Anglais. 8,000 hommes, commandés par le général Wolfe, attaquèrent Québec, et la célèbre victoire des plaines d’Abraham, plaça la forteresse du pays dans les mains des envahisseurs. Le traité de paix de 1763, signé entre la France et l’Angleterre, détruisit les prétentions de la France sur le Canada et la Nouvelle-Écosse.

La conquête anglaise fut incontestablement d’une importance infinie pour ce pays. Le commerce, l’agriculture, la justice et l’ordre furent ses résultats immédiats. La France s’est toujours montrée inepte à gouverner une colonie avec modération, de sorte que l’événement de 1763 peut être considéré aujourd’hui comme la fondation de la prospérité dont nous jouissons maintenant.

En 1775, la guerre américaine fut déclarée et les Canadas s’y trouvèrent soudainement engagés par la marche d’Arnorld, sur Québec, et de Montgomery, sur Montréal. Les généraux américains ayant subséquemment réuni leurs armées, assiégèrent Québec. Montgomery étant tombé sur le champ de bataille, les troupes américaines se retirèrent dans le mois de mai de la même année. La constitution originaire du Canada fut comme celle de la France ― despotique. Le gouverneur et son conseil étaient de toutes choses les suprêmes dispensateurs. En 1774, peu après la conquête, une constitution fut octroyée, fixant les limites du pays et appointant un gouverneur avec un conseil de pas moins de 17 membres, ayant le pouvoir de faire les lois, mais non pas de prélever de taxes. La loi criminelle anglaise fut introduite ; mais il fut pourvu, néanmoins, que, dans toutes les matières contestées, il pourrait être recouru à l’ancienne loi française, et tous les privilèges de la religion catholique romaine, dans cette province, lui furent assurés.

En 1791, l’acte de lord Grenville divisa les Canadas en deux provinces, le Haut et le Bas-Canada. Le Bas-Canada fut soumis à un gouverneur et à un conseil exécutif de 11