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Page:Macaulay - Passé, présent et avenir du Canada, 1859.djvu/9

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membres, nommés par la couronne, semblable au conseil privé de la Grande-Bretagne ; un conseil législatif nommé par la couronne, formant le second État, et une assemblée représentative ou tiers-état, composé des représentants des villes de Québec, de Montréal et des comtés. Les représentants de ces comtés furent élus pour quatre ans par les électeurs possédant des propriétés ayant une valeur de £ 5, ou payant £ 10 de loyer par année. Le gouverneur, au nom du souverain, avait le droit de convoquer, proroger et dissoudre les deux chambres, qui devaient être convoquées au moins une fois par année. La chambre d’assemblée avait le pouvoir de faire les lois pour l’ordre et la paix de la province, sujettes à la sanction du conseil législatif. Le gouverneur donnait la sanction royale aux bills passés dans les deux chambres ou les suspendait afin de recevoir l’expression du plaisir du souverain. La forme du gouvernement ci-haut décrite existait encore en 1834, sauf quelques modifications.

Dans le Haut-Canada, le gouvernement, dès 1791, avait aussi été administré par un lieutenant-gouverneur, un conseil exécutif, un conseil législatif et une chambre de représentants ; le conseil exécutif consistait en six membres choisis par la couronne.

La rapide esquisse qui précède servira à montrer la position politique des Canadas en 1834. Pendant bien des années la population canadienne-française de la province inférieure avait combattu, par le moyen de ses représentants, dans la Chambre d’Assemblée, la politique oppressive du bureau colonial en Angleterre, et l’injustifiable acharnement, dans cette colonie, d’une oligarchie composée d’hommes en place ou d’intrigants, dont le désir capital semblait être l’extinction de l’élément français dans la population du pays. La majorité de la population canadienne-française luttait pour l’obtention de droits égaux, de la liberté, et réclamait une juste part des émoluments d’office et l’occasion de servir son pays. La minorité, composée comme nous venons de le voir, tenait ferme pour le despotisme et le règne de l’injustice, dont elle avait la profitable jouissance. Le parti anglais consistait