Page:Madame de Mornay - Memoires - tome 1.djvu/332

La bibliothèque libre.
Aller à la navigation Aller à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


contre telz langages. Touteffois, il ne la voulut négliger, et fit apparoir au Roy par un certificat de la chambre des comptes de Pau, par devant laquelle content tous les thrésoriers de la maison, qui luy fut présenté par monsieur de Pierrefite, qu’en vingt ans qu’il avoit servy le Roy en ses principaux affaires, dont il en avoit esté les quatorze surintendant de la maison de Navarre, il n’avoit eu aucun don. Peu auparavant, il avoit faict porter parole à S. M. par le jeune Hesperieu, s’il s’en trouvoit pour dix escus, il vendroit son bien pour en bailler dix mille à ma ditte Dame. Quoy entendant le Roy, s’en alla de ce pas à ma ditte Dame et luy mena celuy qui luy portoit ceste parole, qui fut depuis justifiée par le dit certificat, comme joyeux d’avoir en main de quoy évincer[1] l’innocence de son serviteur contre une telle calomnie, et depuis fut on contrainct de s’en taire. Ce fut lors qu’il fit se consolant en soy mesmes, sa méditation sur ces motz du Genèse : « Ne crain point, Abraham, je suis ton bouclier et ton loyer très abondant, » etc.

En 97, se présenta M. de la Vairie pour rechercher notre fille de Martinsart[2], gentilhomme du Mayne de bon lieu et de médiocres biens, avec lequel fut contracté en date du 6e Juing. S’ouvrirent aussy quelques propos pour noz autres filles par monsieur de la Trémouille et madame de Rohan[3]. Le princi-

  1. Établir. Le mot évincer a changé de sens.
  2. Mlle Suzanne du Pas, fille de M. de Feuquières, le premier mar de Mme du Plessis.
  3. Le manuscrit de la Bibliothèque impériale et l’édition de M. Auguis porte : « Que Dieu bénira s’il lui plait. » Cette phrase est barrée