Page:Manuscrit Graham.djvu/4

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


prière, faute de quoi leurs ouvrages étaient souvent renversés.

- Mais comment arriva-t-il que des ouvrages des gens de Babel restèrent debout avant que la lumière de l'Évangile n'advienne ?

— Je vous réponds cette fois en vous retournant votre question parce que l'orgueil de Babel déjà mentionné, avait insulté la Divinité de sorte qu’en raison de leur faute, les langues furent confondues afin que l'humanité ne refasse plus jamais la même chose sans la permission Divine, qui ne pourrait être obtenue que par la foi et la prière.

— [Montrez que] ceci [appartient] à la Tradition.

— Nous le possédons par tradition et aussi par référence à l’Écriture qui dit que Sem, Cham et Japhet eurent à se rendre sur la tombe de leur père Noé pour tenter d'y découvrir quelque chose à son sujet, qui les guiderait jusqu'au puissant secret que détenait ce fameux prédicateur. Ici, j'espère que chacun admettra que toutes les choses nécessaires au nouveau monde se trouvaient dans l'arche avec Noé.

Ces trois hommes avaient déjà convenu que s'ils ne trouvaient pas le véritable secret lui-même, la première chose qu’ils découvriraient leur tiendrait lieu de secret. Ils n’avaient pas de doute, mais croyaient très fermement que Dieu pouvait et aussi voudrait révéler sa volonté, par la grâce de leur foi, de leur prière et de leur soumission ; de sorte que ce qu'ils découvriraient se montrerait aussi efficace pour eux que s'il avaient reçu le secret dès le commencement, de Dieu en personne, à la source même.

Ils arrivèrent donc à la tombe et ne trouvèrent rien, si ce n'est le cadavre déjà presque entièrement corrompu. Ils saisirent un doigt qui se détacha et ainsi de suite de jointure en jointure jusqu'au poignet et au coude. Alors, ils redressèrent le corps et le soutinrent en se plaçant avec lui pied contre pied, genou contre genou, poitrine contre poitrine, joue contre joue et main dans le dos, et s'écrièrent : "Aide-nous, 0 Père ! ". Comme s’ils avaient dit : " 0 Père du ciel aide-nous à présent, car notre père terrestre ne le peut pas ".

Ils reposèrent ensuite le cadavre, ne sachant que faire. L'un d'eux dit alors : "Il y a encore de la moelle dans cet os", et le second dit : "mais c’est un os sec " ; et le troisième dit : "il pue". Ils s’accordèrent alors pour donner à cela un nom qui est encore connu de la Franc-Maçonnerie de nos jours.

Puis ils allèrent à leurs entreprises et par la suite leurs ouvrages tinrent bon. Cependant, il faut supposer et aussi comprendre que la vertu ne provenait pas de ce qu'ils avaient trouvé ou du nom que cela avait reçu, mais de la foi et de la prière. Ainsi allèrent les choses, la volonté soutenant l'action.

Pendant le règne du roi Alboin naquit Betsaléel, qui fut appelé ainsi par Dieu avant même d'être conçu dans la [matrice]. Et ce saint homme sut par inspiration que les titres secrets et les attributs principiels de Dieu étaient protecteurs, et il bâtit en s'appuyant dessus, de sorte qu’aucun esprit infernal et destructeur n’osa prétendre renverser l’œuvre de ses mains.

Aussi ses ouvrages devinrent si fameux, que les deux plus jeunes frères du roi Alboin, déjà nommé, voulurent être instruits par lui de sa noble manière de construire. Il y consentit à la condition qu'ils ne la révèlent pas sans que quelqu’un soit avec eux pour composer une triple voix. Ainsi ils s’engagèrent par serment et il leur enseigna les parties théorique et pratique de la maçonnerie ; et ils travaillèrent.

Alors les salaires des maçons augmentèrent dans ce royaume et il y eut des maçons comptés parmi les rois et les princes.

Cependant, Betsaléel à l’approche de la mort, voulut être enterré dans la vallée de Josaphat et que fut gravée une épitaphe selon son mérite. Ceci fut accompli par ces deux princes et il fut gravé ce qui suit : "Ci-gît la fleur de la maçonnerie, supérieure à beaucoup d’autres, compagnon d’un roi et frère de deux princes. Ci-gît le cœur qui sut garder tous les secrets, la langue qui ne les a jamais