Page:Manuscrit Graham.djvu/5

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


révélés"

Alors, après sa mort les habitants de ce pays crurent que les secrets de la maçonnerie étaient complètement perdus parce qu’on n'en entendait plus parler, puisque personne ne connaissait ces secrets, à part ces deux princes, qui s’étaient engagés par leur serment à ne pas les révéler sans quelqu’un d’autre pour former une triple voix.

Mais il faut croire et aussi comprendre qu’un secret aussi saint ne pourra jamais être perdu tant qu'il restera un bon serviteur de Dieu en vie sur la terre ; car tout bon serviteur de Dieu possédait et possédera toujours une grande part de ce saint secret, bien qu’ils ne le connaissent pas eux-mêmes ni ne sachent comment en faire usage.

Car il se produisit dans le monde de cette époque ce qui advint à l’Église Samaritaine au sujet du Christ : les gens cherchaient ce qu'ils avaient déjà, mais dans leur profonde ignorance ils ne pouvaient s’en rendre compte.

Tout continua ainsi dans les ténèbres de l'ignorance, en tout pendant quatre cent quatre vingts ans après que les enfants d’Israël soient sortis du pays d'Égypte, jusqu'à la quatrième année du règne de Salomon sur Israël, quand Salomon commença à construire la Maison du Seigneur ; ce que son père David aurait dû faire, mais il ne fut pas donné à celui-ci d’accomplir cette œuvre, car ses mains étaient souillées sur chaque face, par des guerres sanglantes.

Voici tout ce qui se rapporte au règne du roi Salomon, son fils, qui commença à construire la Maison du Seigneur :

Ici j’espère que tout le monde tiendra pour assuré qu’aucune des choses nécessaires pour mener à bonne fin cette sainte construction ne fut refusée à ce sage roi. Chacun doit l'admettre, sinon nous devrions accuser Dieu d'injustice, ce dont aucun faible mortel n'oserait accuser Dieu, et ce dont sa divine Bonté ne saurait d’ailleurs être coupable.

Cela dit, nous lisons au Premier Livre des Rois, chapitre 7, verset 13, que Salomon envoya chercher Hiram à Tyr. C’était le fils d’une veuve de la tribu de Nephtali et son père était un Tyrien qui travaillait le bronze.

Hiram était rempli de sagesse et d'habileté pour faire toutes sortes d'ouvrages de bronze. Il vint auprès du roi Salomon et lui consacra tout son travail.

L'explication de ces versets est la suivante : le mot "habileté" signifie « ingéniosité », car lorsque la sagesse et l'intelligence se trouvent réunies chez une même personne, il ne lui manque rien. Ainsi, par le présent passage de l'Écriture, on doit convenir que ce fils de veuve, dont le nom était Hiram, avait reçu une inspiration divine, tout comme le sage roi Salomon ou encore le saint Betsaléel.

Or, il est rapporté par la Tradition que lors de cette construction, il y aurait eu une querelle entre les manœuvres et les maçons au sujet des salaires. Et pour calmer tout le monde et arranger les choses, le sage roi aurait dit : « que chacun de vous soit satisfait, car vous serez tous payés de la même façon ». Mais il donna aux maçons un signe que les manœuvres ne connaissaient pas. Et celui qui pouvait faire ce signe à l'endroit où étaient versés les salaires, était payé comme les maçons ; les manœuvres ne le connaissant pas, étaient payés comme auparavant.

Cela dut être et même s'il en fut ainsi, nous devons juger avec beaucoup d’indulgence les paroles du sage roi Salomon, car il doit être compris et aussi tenu pour vrai, que le sage roi voulait rétribuer chacun selon ses mérites.

Cependant le chapitre 6, verset 7, du Premier Livre des Rois m'en apprend bien davantage, lorsqu'il y est dit que la Maison, pendant qu'elle était en chantier, fut construite avec des pierres préparées avant d'être apportées sur place, de sorte que l'on n'entendait ni marteau, ni laie, ni hache. ni aucun outil de fer dans la Maison pendant la construction.

On peut en conclure que tous les éléments étaient ajustés à l'avance, mais pas encore assemblés pour qu'ils puissent être déplacés sans [faux] mouvement (sans agitation).